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présidentielle 2007 en France

03 juillet 2008

Nicolas Sarkozy salue la libération d'Ingrid Bétantcourt


Nicolas Sarkozy salue la libération d'Ingrid Bétantcourt
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Ingrid Betancourt : "C'est un miracle !"


Ingrid Betancourt : "C'est un miracle !"
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Ingrid Betancourt : le récit de sa libération

Source: le monde

be2Vêtue d'un court gilet militaire, Ingrid Betancourt, radieuse, descend l'escalier de l'avion, sur fond d'hymne national. Sous le ciel gris de Bogota, elle embrasse longuement sa mère, les yeux fermés. Les caméras filment cette image tant attendue. Après six ans et quatre mois de captivité, la plus célèbre otage du monde a été libérée, mercredi 2 juillet au matin, par l'armée colombienne.

Trois citoyens américains enlevés en 2003 et 11 militaires colombiens, capturés au combat – il y a dix ans, pour certains –, ont également retrouvé la liberté, au terme d'une incroyable opération militaire menée sans tirer un coup de feu : "Une opération impeccable, parfaite", a commenté Ingrid Betancourt.

Sur le tarmac, l'émotion s'installe. Ingrid embrasse ses amis, ses proches et l'ambassadeur de France, Jean-Michel Marlaud. Le diplomate lui tend un portable, probablement pour parler avec ses enfants, Mélanie et Lorenzo, à Paris. Les généraux présents et le ministre de la défense, Juan Manuel Santos, donnent l'accolade aux soldats et aux policiers libérés.

be1Dans le regard encore hagard de ces hommes qui ont passé des années dans la jungle, il y a plus d'incrédulité que de bonheur. Les Américains ne sont pas là : ils volent déjà vers les Etats-Unis. Ingrid Betancourt, sa mère, et les autres otages s'agenouillent quelques minutes pour prier en compagnie d'un prêtre venu les accueillir.

La Franco-Colombienne est amaigrie mais éblouissante. Ses longs cheveux tressés sur sa tête, son teint frais et la joie qui irradie son visage lui donnent l'air d'une adolescente en cavale. On en oublierait presque l'interminable épreuve qu'elle vient de traverser.

De sa voix claire, sans jamais trébucher sur les idées ou les mots, elle en parle avec simplicité et dignité. Devant les télévisions du pays, dans les cafés et les centres commerciaux, les Colombiens se figent, comme au soir des grands matches de football.

Quelques heures plus tôt, le ministre colombien de la défense avait annoncé au monde le succès de cette opération "sans précédent", digne du meilleur cinéma d'action américain. Sur la base des témoignages des otages libérés, les militaires ont réussi à localiser la guérilla, dans le département amazonien du Guaviare, dans le sud du pays. Puis ils l'ont infiltrée et trompée.

"DES PERSONNAGES SURRÉALISTES"

beUne "organisation humanitaire" a proposé aux guérilleros d'assurer le déplacement des otages pour les remettre au nouveau chef suprême de l'organisation armée, Alfonso Cano. Les guérilleros qui en avaient la garde ont reçu ordre de réunir les 15 otages et de les livrer aux prétendus "humanitaires". Ingrid Betancourt raconte la suite.

Devant le micro installé au pied de l'avion, les militaires défilent d'abord. Ils disent merci à l'armée "qui ne les a jamais oubliés". Ils se disent fiers d'appartenir à l'institution militaire. Ils disent que la victoire contre les FARC est désormais assurée. Pas un mot personnel : ils semblent répéter une leçon bien apprise. L'un d'eux a sur l'épaule un drôle de petit écureuil rapporté de la forêt.

Puis c'est le tour d'Ingrid Betancourt. Elle prend son souffle : "J'ai tant attendu ce moment, j'espère que je vais pouvoir parler", dit-elle. Elle remercie d'abord Dieu et la vierge – qu'elle a "si souvent priés" au cours de son calvaire. Puis elle a un mot pour tous ceux qui l'ont accompagnée dans ses prières pendant toutes ces années. Elle le redit, émue, en français. Puis elle remercie avec effusion "l'armée de [sa] patrie" et le président Alvaro Uribe.

Elle raconte ensuite les détails de sa libération et comment elle-même a cru au subterfuge monté par l'armée. Lorsque les faux "humanitaires" "des personnages surréalistes" – ont débarqué de leur hélicoptère blanc, Ingrid Betancourt s'étonne des sigles inconnus et des T-shirt à l'effigie de Che Guevara. Le découragement la prend à l'idée d'être transférée vers un autre campement. Les guérilleros font monter dans l'avion les otages menottés. Leur chef monte également.

"L'hélicoptère s'est envolé et, tout à coup, quelque chose s'est passé – je ne me suis pas bien rendu compte de quoi – et j'ai vu le commandant guérillero qui, pendant quatre ans avait été si cruel et si humiliant, je l'ai vu au sol, les yeux bandés (…) le chef de l'opération a dit : 'Nous sommes l'armée colombienne, vous êtes libres' et l'hélicoptère est presque tombé ! On a sauté, on a crié, on s'est embrassé, on pouvait pas le croire, c'est un miracle" .

Au fil de son récit, elle égrène ses émotions du jour et encore des remerciements : à ses compatriotes, à la France et aux Français, au président Chirac et à son ami Dominique de Villepin, à ses compagnons d'infortune – certains, dit-elle, lui ont sauvé la vie – et aux médias. " Vous, les médias, nous avez tant aidés ", dit Ingrid Betancourt aux journalistes. La radio est le seul contact des otages avec le monde extérieur. Elle conclut son intervention en évoquant la mémoire de tous ses compagnons d'infortune morts en captivité.

Les questions fusent. Ingrid Betancourt y répond avec grâce, parfois avec humour. Oui, elle a souhaité que l'armée tente un coup de force. " Face à l'enlèvement, c'est un moindre mal", explique-t-elle. Sa famille s'était farouchement opposée à un éventuel raid de l'armée. Que porte l'ex-otage dans son sac à dos ? Un dictionnaire, des lettres qu'elle espérait faire parvenir à a famille et "des bidules". Dans la jungle, on a si peu de choses que " tout devient important".

Regrette-t-elle ce jour fatal de février 2003 où, candidate à la présidence de la République, elle a décidé de prendre la route contre l'avis de l'armée ? Ingrid rappelle son engagement politique de l'époque et évoque l'idée de destin. "Si c'était à refaire, je le referais", conclut-elle.

Vise-t-elle encore la présidence de la République ? Ingrid crée à nouveau la surprise. Elle défend la réélection du président Alvaro Uribe qui a donné une continuité à la lutte contre les FARC. "Pour le moment, je ne suis qu'un soldat de mon pays au service de la paix", conclut-elle.

"C'est une grande dame et une grande politique qui nous est revenus de la fôret"

, pointe l'analyste Laura Gil.

Le soir, Ingrid Betancourt et les 11 militaires libérés sont reçus au palais présidentiel. En leur compagnie et entouré de tous les ministres, Alvaro Uribe donne une brève conférence de presse. Il félicite les militaires, les "héros du jour". Il souligne qu'aucun coup de feu n'a été tiré au cours de la libération des otages, alors que l'armée aurait pu abattre une soixantaine de guérilleros complètement encerclés. Il réitère la disposition de son gouvernement à négocier la paix.

"Ma liberté est un miracle"

, lui dit Ingrid Betancourt. "Un miracle de Dieu, aidé par l'armée colombienne", précise le président. "C'est bien ça", conclut l'ex-otage.

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23 juin 2008

Discours de Sarkozy en Israël

source: le monde

sblogMonsieur le Président de l'Etat d'Israël, Madame la Présidente de la Knesset, Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Chef de l'Opposition, Madame la Présidente de la Cour Suprême, Mesdames et Messieurs les membres de la Knesset,

Il y a entre Israël et la France une amitié profonde qui a résisté depuis 60 ans à toutes les turbulences de l'Histoire.

Cette amitié, elle n'est pas due seulement à la vitalité de la communauté juive de France et à vitalité de la communauté francophone d'Israël qui forment comme un pont entre nos deux pays.

Elle est due aussi à quelque chose de plus profond, à la manière dont le judaïsme a influencé, nourri, enrichi la culture française, à l'inspiration que les Pères fondateurs d'Israël ont puisée dans les valeurs de l'universalisme français.

Elle est due aux liens étroits économiques, scientifiques, techniques, intellectuels, mais aussi tout simplement humains que nos deux peuples ont naturellement tissés ensemble.

Cette amitié, je suis venu la renouveler solennellement au nom du peuple français et je me réjouis de voir avec quelle chaleur, avec quel élan fraternel le peuple israélien y répond.

C'est popur moi une très grande émotion de prendre la parole aujourd'hui, ici, à Jérusalem, ville trois fois sainte, sainte pour les juifs, sainte pour les chrétiens, sainte pour les musulmans. J

Je mesure le très grand honneur que vous faites au Président de la République française de pouvoir s'adresser à votre Assemblée qui est le symbole d'une des plus authentiques démocraties du monde.

A travers vous, je m'adresse à tous les Israéliens dont les ancêtres pendant des siècles ont espéré qu'un jour il y aurait à nouveau une nation juive qui serait comme toutes les autres nations, libre enfin de choisir son destin, de décider par elle-même.

Je m'adresse au peuple d'Israël qui a choisi la démocratie et la liberté, et qui ne les doit à personne d'autre qu'à lui-même, à son courage, à son énergie, à son intelligence.

Je m'adresse aussi, au-delà, à tout le peuple juif, peuple si longtemps sans terre, sans institutions politiques, mais partageant la même attitude morale, la même conception de la vie, la même tradition, la même foi, la même espérance. Et que ni la violence, ni la haine n'ont pu faire renoncer aux valeurs universelles que les prophètes d'Israël ont enseignées à tous les hommes.

Aucun exil, aucune épreuve n'avait pu arracher de son cœur le souvenir de la Terre promise. Et après 19 siècles, chacun au sein de ce peuple dispersé sur toute la terre se disait encore : "je suis Juif, parce que, né d'Israël, et l'ayant perdu, je l'ai senti revivre en moi, plus vivant que moi-même".

Au nom du peuple français, je veux dire mon amitié et mon respect à ce grand peuple d'Israël qui a accompli la promesse que tous les Juifs depuis la dispersion se transmettaient de génération en génération de revenir en "ce lieu où naquit le peuple juif, où se forma son caractère spirituel, religieux et national".

Il y a 60 ans des femmes et des hommes dont le caractère s'était forgé au travers des pires épreuves de la vie, proclamèrent "la fondation de l'Etat juif dans le pays d'Israël". Herzl avait dit : "si vous le voulez ce ne sera pas une légende". Ils le voulurent et la résurrection d'Israël cessa d'être une légende pour devenir une réalité.

Je veux dire mon admiration pour ces femmes et pour ces hommes d'exception qui voulaient un Etat où seraient assurées "une complète égalité des droits sociaux et politiques pour tous les citoyens, sans distinction de croyance, de race, ou de sexe", "la pleine liberté de conscience, de culte, d'éducation et de culture", "la sauvegarde et l'inviolabilité des Lieux Saints et des sanctuaires de toutes les religions".

Je veux dire mon respect pour l'idéal qui les animait. Le rêve qu'ils poursuivaient était grand, nourri par des siècles d'attente et par l'horreur qu'on lisait encore dans le regard halluciné des rescapés des camps d'extermination.

Croyants ou non croyants, chacun d'entre eux ce jour là ne put sans doute s'empêcher de se remémorer la parole biblique que tous les Juifs au monde n'avaient jamais cessé d'apprendre à leurs enfants : "Et l'Eternel dit à Moïse : Monte sur cette montagne et regarde le pays que je donne aux enfants d'Israël".

Mais l'Etat d'Israël ce n'est pas seulement l'accomplissement d'une promesse qui a toujours été au cœur de l'identité juive. Ce n'est pas seulement un retour aux sources, l'expression d'une nostalgie, la tentation de ressusciter un passé révolu. C'est un Etat moderne, tourné vers l'avenir. C'est un Etat à la fois national et tourné vers l'universel.

Car c'est un Etat qui n'appartient pas seulement à ses citoyens, mais aussi à tous ceux qui dans le monde se reconnaissent comme les héritiers du judaïsme.

Au milieu du malheur, ils n'ont jamais cessé d'espérer en un monde meilleur. Pour eux, il fut d'abord la preuve que cette espérance n'était pas vaine.

"Je ne revendique jamais mon origine juive que dans un cas

, disait le grand historien français Marc Bloch : en face d'un antisémite".

A ceux qui doutaient de son patriotisme, ce grand savant qui mourra assassiné par la Gestapo après avoir été torturé répondait simplement, comme auraient pu le faire tant d'autres : "Mon arrière-grand-père fut soldat en 1793 ; mon père en 1870 servit dans Strasbourg assiégé, j'ai été élevé dans le culte de ces traditions patriotiques dont les israélites de l'exode alsacien furent toujours les plus fervents mainteneurs ; et la France dont certains conspireraient volontiers à m'expulser aujourd'hui et peut-être - qui sait ? - y réussiront, demeurera quoiqu'il arrive, la patrie dont je ne saurais déraciner mon cœur."

Ils sont encore des millions de Juifs aujourd'hui dans le monde qui éprouvent comme Marc Bloch, un attachement charnel à la patrie dont ils ont appris la langue, la culture, respiré l'air depuis leur enfance. Mais leur cœur ne peut pas rester insensible au destin d'Israël.

Parce que le destin de chaque Juif est lié au destin de tous les Juifs.

Parce que le fait qu'il y ait un Etat juif dans le monde dont la réussite soit aussi éclatante est pour chacun d'eux une source de dignité et de fierté.

Parce que chacun éprouve au fond de lui le sentiment que l'Etat d'Israël est le moyen par lequel le peuple juif peut de nouveau devenir acteur de sa propre histoire au lieu de la subir.

Parce qu'en Israël le judaïsme ne se définit pas par rapport à l'antisémitisme.

Parce que pour chacun c'est le foyer où il sait qu'il pourrait se réfugier si par malheur un jour il n'avait plus nulle part où aller.

Parce que pour tous il est le seul endroit au monde où il est sûr que l'on n'obligera jamais les Juifs à porter une étoile jaune, où l'on n'interdira pas aux Juifs de prendre l'autobus, de fréquenter les cinémas et les théâtres, d'occuper certains emplois, qu'on ne les obligera pas à habiter des quartiers pour les Juifs, à n'aller que dans des restaurants, des magasins, des écoles pour les Juifs.

L'Etat d'Israël est une réponse à l'interrogation angoissée que la petite Anne Franck a noté dans son journal : "j'ai espéré que ce pays deviendrait ma patrie, à moi l'apatride ; je l'espère encore".

C'est une réponse à la prière de Rutka, la petite juive polonaise : "je voudrais attacher des ailes à mes épaules pour m'élever très haut (…) m'envoler vers un endroit où il n'y aurait pas de ghetto".

L'Etat d'Israël appartient aussi à tous les hommes.

Parce que les valeurs qui le fondent sont universelles. Ces valeurs sont des valeurs de justice et de droit.

L'Etat d'Israël est une réponse à l'injustice que le peuple juif a subie si longtemps. Et cette injustice est un défi lancé à la conscience universelle.

Il n'y a aucun autre Etat dans le monde qui se soit construit sur autant de douleurs et sur autant d'espérance.

Il n'y a aucun autre Etat dans le monde dont l'existence même fut dès le départ à ce point liée à l'affirmation d'un idéal de justice et d'une volonté de vivre en paix.

Il n'y a aucun autre Etat dans le monde qui lors de sa naissance suscita autant d'espoir de la part de tous ceux qui n'avaient jamais cessé d'opposer les forces de l'esprit à la barbarie.

On ne peut pas penser à Israël sans penser à l'histoire du peuple juif. On ne peut pas penser à Israël sans se souvenir des pogroms, des wagons plombés, des chambres à gaz.

On ne peut pas penser à Israël sans penser au Capitaine Dreyfus devant ses juges, aux femmes qui mourraient du typhus dans les camps de la mort, à tous les enfants martyrs de Yad Vashem.

Mais l'histoire du peuple juif n'est pas seulement celle de ses malheurs. Il ne s'est pas contenté de subir. Il a constamment opposé à tous ceux qui voulaient l'anéantir, la force de son caractère, la puissance de sa pensée, la profondeur de sa culture, la vitalité de sa foi.

Il n'a pas laissé au monde que le souvenir de sa souffrance, il lui a donné aussi un trésor d'humanité et de savoir.

Où en serait la sagesse du monde sans les prophètes d'Israël ?

Où en seraient la philosophie, la physique, la littérature, l'économie, sans les penseurs, les savants, les artistes, les entrepreneurs juifs du monde entier qui ont œuvré à toutes les époques au sein de toutes les nations, de toutes les cultures, de toutes les civilisations ?

Où en serait le monde sans Spinoza, sans Freud, sans Einstein ?

Israël est un pays où chacun vient greffer sur le tronc commun sa propre langue, sa propre culture, sa propre sensibilité, sa propre histoire, où chacun vient donner le meilleur de lui-même pour le bien de tous.

En 60 ans ce que vous avez accompli est prodigieux. C'est dans la diversité, la vitalité, l'ouverture de la pensée, la force de création propre au judaïsme, que se trouve le secret de votre réussite d'Israël.

Le judaïsme c'est l'esprit prophétique qui ouvre l'avenir, qui appelle le progrès, qui réclame la justice.

Au milieu des difficultés de tous ordres, les fondateurs de l'Etat d'Israël se sont battus avec toute la force de leur cœur et de leurs bras pour qu'il survive. Le peuple français s'est rangé dès votre naissance à vos côtés, comme il sera toujours aux côtés de l'Etat d'Israël quand son existence sera menacée.

On en peut pas accepter que quiconque dise "il faut rayer de la carte Israël".

Aujourd'hui, et de plus en plus, cette menace a pris la forme du terrorisme. Aucun peuple ne peut vivre sous la menace du terrorisme. Le terrorisme ne s'explique pas. Le terrorisme ne se justifie pas. Le terrorisme se combat !

La France est pleinement engagée dans la lutte contre le terrorisme aux côtés de ses alliés et de ses amis. Elle sait que ce qui est en jeu, ce sont nos valeurs, notre civilisation.

Oui, la France est l'amie d'Israël et elle sera toujours à ses côtés lorsque sa sécurité et son existence seront menacées. Je ne transigerai jamais avec cela.

Et ceux qui appellent de manière scandaleuse à la destruction d'Israël trouveront toujours la France face à eux pour leur barrer la route.

Pour que les choses soient claires et qu'il n'y ait pas d'ambiguïté, je veux dire que le programme nucléaire de l'Iran appelle une réaction d'une extrême fermeté de toute la communauté internationale. Israël n'est pas seul !

La France est déterminée à poursuivre avec ses partenaires une politique alliant des sanctions de plus en plus dures à l'ouverture, si Téhéran faisait le choix de respecter ses obligations internationales. Mais je le dis avec force : un Iran doté de l'arme nucléaire est inacceptable pour la France !

La France ne transigera jamais avec la sécurité d'Israël. Mais on doit la vérité à ses amis. La vérité c'est que la sécurité d'Israël ne sera véritablement assurée que lorsqu'à ses côtés, on verra enfin un Etat palestinien indépendant, moderne, démocratique et viable.

La France est l'amie du peuple palestinien. Elle veut lui dire aussi la vérité. Et la vérité c'est que nul ne peut espérer rétablir les droits du peuple palestinien en niant ceux du peuple israélien et en appelant à la destruction d'Israël.

La vérité, c'est qu'il faut que ce conflit sans fin s'arrête, que cette violence cesse, que cette haine qui dresse les peuples les uns contre les autres s'éteigne.

Il le faut, parce que les seuls gagnants de cet affrontement sont le fanatisme, le fondamentalisme, le racisme et l'antisémitisme.

Il le faut parce qu'il y a eu trop de souffrances, trop de douleurs. Parce que Juifs et Musulmans, Israéliens et Palestiniens, tous partagent la même souffrance et la même douleur pour vos enfants.

Nous savons tous qu'il ne peut y avoir d'issue que dans la compréhension et dans le respect de l'autre. Nous savons tous que l'avenir, votre avenir et celui de vos voisins, ne peut se construire que sur le pardon et non sur la vengeance.

Je suis le représentant d'un pays qui a dû pardonner à ses voisins, qui a dû se réconcilier avec ses voisins.

Comme tous les peuples, le peuple israélien a le droit de vivre en sécurité dans des frontières reconnues et garanties. Comme tous les peuples, le peuple palestinien a le droit d'avoir un Etat et d'y exercer sa souveraineté.

Comme tous les peuples, le peuple israëlien et le peuple palestinien vivront en paix le jour où chacun aura le sentiment que justice lui est rendue et où leurs rapports seront fondés sur le droit et non plus sur la force.

Sans doute, cela demande-t-il de grands efforts à accomplir de part et d'autre. Car il ne peut y avoir de paix sous la menace du terrorisme. Il ne peut y avoir de reconnaissance mutuelle quand des roquettes tombent tous les jours sur des victimes innocentes.

Il ne peut y avoir de paix sans l'arrêt total et immédiat de la colonisation. Une proposition existe, soutenue par de nombreux membres de votre Knesset, pour l'adoption d'une loi qui inciterait au départ les colons de Cisjordanie, moyennant compensation et relogement en Israël. Oui, il faut créer le mouvement !

Il ne peut y avoir de paix si les Palestiniens ne combattent pas eux-mêmes le terrorisme. Mais pas de paix non plus si les Palestiniens sont empêchés de circuler, et tout simplement de vivre sur leur territoire.

Il ne peut y avoir de paix sans que soit résolu le problème des réfugiés palestiniens dans le respect de l'identité d'Israël. Il ne peut y avoir de paix sans la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de deux Etats et la garantie de la liberté d'accès aux Lieux Saints pour toutes les religions.

Vous êtes condamnés à vivre côte et côte.

Beaucoup de ces efforts, je le sais, seront difficiles et douloureux, moins douloureux malgré tout que le sang versé dans un affrontement sans fin.

Depuis 60 ans, des hommes et des femmes de bonne volonté comme votre Président, ont essayé de trouver le chemin de la paix et certains, comme Itzhak Rabin, l'ont payé de leur vie. Chacune de leurs initiatives, chacun de leurs gestes a permis de progresser.

La paix est faite avec l'Egypte, avec la Jordanie. Israël s'est retirée du Sinaï, du Liban et de Gaza. Il n'y a pas de geste inutile en faveur de la paix, et peut-être sommes-nous tout près du but puisque désormais, de nouveau, tout le monde se parle.

Et puisque la violence semble être suspendue, depuis quelques jours, à Gaza, je veux exprimer l'espoir de la libération, le plus vite possible du soldat Gilad Shalit, retenu en otage depuis près de deux ans, comme tous les prisonniers.

Je vous demande de nous faire confiance car nous voulons vous aider.

La France que tant de souvenirs lient à cette région du monde, la France qui aime et qui respecte tous les peuples du Moyen-Orient, la France veut apporter sa contribution à la paix. Elle est prête à organiser sur son sol tous les pourparlers qui pourraient y conduire, qu'il s'agisse de la négociation israélo-palestinienne, du dialogue syro-israélien ou des discussions qui devront reprendre, un jour prochain je l'espère, entre Israël et le Liban.

Sur ces trois volets du processus de paix, la France est prête à apporter sa garantie, prête à mobiliser sa diplomatie, ses ressources, ses soldats comme elle le fait déjà, avec d'autres partenaires européens, au Sud Liban. C'est dans cet esprit qu'elle exercera à partir du 1er juillet la Présidence de l'Union européenne, qu'elle travaillera au rehaussement des relations entre l'Union et Israël et participera au Quartet.

Je ne suis pas venu ici vous donner des leçons. C'est aux dirigeants du peuple d'Israël et à ceux du peuple palestinien qu'il appartient de faire la paix. Mais vous, les partenaires de la paix, vous devez savoir que vous pouvez compter sur l'Europe pour vous aider à aller vers un accord final, puis pour le mettre en œuvre.

Sécurité pour les deux Etats, compensation et relogement des réfugiés, appui à la construction d'un Etat de droit en Palestine, soutien économique et financier général à la paix et aux projets de développement, comme nous avions déjà commencé à le faire lors de la Conférence de Paris : à tous ces titres, l'Europe peut apporter une contribution décisive, vous aider, si vous le souhaitez, à faire ensemble preuve d'audace, de courage et d'imagination.

C'est dans cet esprit, aussi, que la France fera tout ce qui est dans son pouvoir pour faire aboutir le projet d'Union pour la Méditerranée qu'elle a proposé à tous les peuples de l'Europe et de la Méditerranée. L'enjeu est capital puisqu'il s'agit d'offrir un destin partagé à tous ces peuples.

Le 13 juillet prochain, le Sommet de Paris pour la Méditerranée donnera peut-être l'espoir que ce qui nous sépare finira par devenir un jour moins fort que ce qui nous rassemble

Israël, comme l'Autorité palestinienne, comme le Liban, comme la Syrie y trouveront leur place aux côtés de l'Egypte, de la Jordanie et de tous les pays du Maghreb arabe. Alors, peut-être, pourrons-nous espérer qu'un jour les enfants de la Méditerranée cesseront de se haïr et de vouloir dès la naissance venger les malheurs de leurs pères.

C'est dans cet esprit aussi que la France soutiendra de toutes ses forces les grands projets de développement économique régional chers au Président Shimon Péres. Oui, nous avons besoin de la "Vallée de la Paix" !

Au Moyen-Orient se mélangent et s'affrontent depuis des millénaires des peuples qui ont donné à l'humanité tout entière ce qu'il y a de plus élevé dans la pensée, de plus beau dans la religion, de plus important dans le savoir. Tous dans leurs prières parlent d'amour, de justice et de paix. Tous aiment la vie. Tous sont les enfants d'Abraham. Tous ont la Bible en partage.

Ayant bu à la même source, ayant partagé si souvent la même histoire, ils ont tout pour se comprendre et s'entendre.

Et cette terre pour laquelle ils se battent avec tant de désespoir, cette terre qui les a vus naître, cette terre où reposent leurs morts, cette terre dans laquelle s'inscrit le souvenir de leurs souffrances et de leurs joies qui se ressemblent tant, cette terre dont on pressent, en regardant ce qui a été accompli ici, en Israël, ce qu'elle pourrait donner à force d'intelligence, de travail et de courage, cette terre qui pourrait devenir un paradis pour tous et grâce à laquelle la misère pourrait être vaincue si elle n'était si souvent ruinée par la guerre, cette terre qui pourrait être si féconde si tous la travaillaient ensemble au lieu de verser sur elle le sang des innocents, cette terre devrait unir les peuples au lieu de les opposer.

En allant au fond d'eux-mêmes, en s'interrogeant sur leur histoire, leurs croyances, leurs valeurs, en regardant ce monument qui va être construit à Jérusalem par deux artistes français, ce livre de la paix pour les peuples du Livre, dans la ville du Livre, un jour prochain, j'en suis sûr, les femmes et les hommes de cette terre magnifique trouveront plus de raisons de se parler pour faire la paix que de se haïr pour continuer à s'affronter.

Juifs, chrétiens ou musulmans, ils se rappelleront la parole du Prophète Isaïe : "Je ferai de Jérusalem mon allégresse. Et de mon peuple ma joie. On n'y entendra plus le bruit des pleurs et le bruit des cris. Ils bâtiront des maisons et les habiteront. Ils planteront des vignes et en mangeront les fruits. Ils ne travailleront plus en vain et ils n'auront plus des enfants pour les voir périr."

Je veux vous le dire du fond du cœur : quand on est fort on doit tendre la main. Quand on a fait le chemin que vous avez fait depuis 60 ans, on doit être les triomphateurs de la paix, on doit montrer le chemin.

La France ne vous abandonnera pas sur ce chemin.

Vive l'amitié franco-israélienne qui est une profonde et sincère amitié ! Vive la paix pour Israël et pour la Palestine qui est une nécessité pour la paix du monde !

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25 avril 2008

Nicolas Sarkozy s'est attaché à justifier le "cap" suivi, tout en reconnaissant des "erreurs"

source: le monde

SNicolas Sarkozy s'est livré à un long exercice d'explication et de justification, jeudi 24 avril, lors d'un entretien télévisé organisé presque un an après son élection à la présidence de la République. En proie aux difficultés et à la baisse de sa popularité, il a reconnu, face des journalistes qui portaient volontiers la contradiction, des "erreurs", des "couacs ", et insisté sur les "difficultés" de sa tâche. Il a cherché à montrer la cohérence de ses réformes, mis en avant de premiers résultats qu'il juge concluants, en rappelant les objectifs qu'il continue de se fixer. C'est au nom de ceux-ci, de ses "responsabilités" et d'une conjoncture internationale dégradée qu'il a affiché de la fermeté sur de nombreux dossiers : les retraites, la suppression des postes d'enseignants, l'immigration. La seule véritable annonce est celle d'une généralisation, l'an prochain, du revenu de solidarité active, mais avec un budget moitié moindre que celui demandé par son inventeur, le haut commissaire aux solidarités actives Martin Hirsch.
Près de 28 % des Français pensent que les réformes vont dans le bon sens, a rappelé Patrick Poivre d'Arvor (TF1). "Sans doute, on n'a pas assez expliqué, sans doute j'ai fait des erreurs. Je ne suis pas une personne à nier les choses. Est-ce qu'on peut bouger ce pays sans que ça provoque des mouvements ? Je m'imaginais bien que je ne passerai pas cinq ans à commenter des sondages excellents", a déclaré Nicolas Sarkozy. La vie des Français ne s'est "pas assez" améliorée en un an, a-t-il reconnu. Toutefois, si le "choc de confiance" promis n'a pas été au rendez-vous, c'est que "la France a eu à faire face à un quadruple choc", a-t-il expliqué : renchérissement du pétrole, crise des "subprimes", flambée de l'euro et des matières premières. "Le contexte international est difficile, raison de plus pour accélérer", selon lui. Il n'entend pas "hiérarchiser les réformes", rappelle qu'il en a lancé "cinquante-cinq", "parce que tout se tient", de l'école à l'emploi. "Le cap, il est assez simple : engager les changements nécessaire pour que la France puisse compter dans les grandes puissances du monde", a-t-il dit.

Rythme et lisibilité des réformes.

Sollicité à nouveau en fin d'émission sur la politique intérieure, il a admis l'"erreur" de ne pas avoir sanctionné les "couacs" de ses ministres, promettant que"cela ne se reproduira pas". Il a également admis "une part de responsabilité" dans l'exposition de sa vie privée.

POLITIQUE ÉCONOMIQUE

Pouvoir d'achat.

Le chef de l'Etat a expliqué que "les prix ont augmenté avec l'euro, parce qu'il n'y a pas assez de concurrence", mais aussi souligné qu'ils ont davantage augmenté dans les grandes surfaces françaises que dans la quasi-totalité des pays européens. "Franchement, les 35 heures, ça a coûté 20 milliards d'euros, le problème de la France, c'est qu'on ne travaille pas assez", a-t-il estimé, avant de rappeler, à plusieurs reprises, sa volonté de "réhabiliter la valeur travail". Il a cité ses actions pour le pouvoir d'achat (détaxation des heures supplémentaires, indexation des loyers sur les prix -"C'est 600 millions d'euros rendus aux locataires", revalorisation de l'allocation adulte handicapé et des petites retraites) et entend désormais "obtenir soit la baisse des prix, soit en tout cas la maîtrise de l'augmentation" des prix, en modifiant les lois Raffarin et Galland, "même si je dois convaincre ma propre majorité parlementaire". Un projet de loi sera présenté en juin pour "permettre la négociabilité entre les fournisseurs et les grandes surfaces". Deuxième "levier" :"Le premier ministre déposera dans quinze jours un texte sur l'intéressement", afin qu'une entreprise qui redistribue une partie de ses gains paie moins d'impôts sur les bénéfices. Enfin, alors que "depuis les 35 heures, il n'y plus de négociations salariales dans les entreprises", un projet de loi présenté d'ici l'été permettra, dans les branches où il n'y pas de négociations salariales, de remettre en cause les allégements de charges.

"Ce qui m'atteint le plus, c'est les Français qui disent que j'agis pour les plus riches",

a-t-il expliqué. Et de déplorer"une erreur de communication totale" sur le paquet fiscal, cause de la mauvaise compréhension de la réforme, selon lui.

Revenu de solidarité active.

Nicolas Sarkozy a annoncé la généralisation en 2009 de ce dispositif visant à compléter les ressources des travailleurs pauvres et des bénéficiaires de minima sociaux, "une très bonne idée". Mais il n'entend en "maîtriser les coûts", à savoir y consacrer 1 à 1,5 milliards d'euros (notamment grâce à un redéploiement de la prime pour l'emploi) , soit moitié moins que demandé par Martin Hirsch. "Tant qu'on est en dessous de 1,1 ou 1,2 Smic on doit pouvoir cumuler" revenu du travail et allocation, a précisé le chef de l'Etat.

Chômage.

Le président a rendu hommage aux syndicats "qui ont eu une attitude responsable lors des conflits sociaux, même s'ils n'étaient pas d'accord, ce qui est leur rôle". Il a indiqué qu'un chômeur sera "obligé d'accepter un emploi représentant 95 % de son salaire au bout de trois mois de chômage". "Choqué" du sort des seniors, il souhaite que ceux qui veulent continuer à travailler au-delà de 65 ans puissent le faire.

QUESTIONS DE SOCIÉTÉ


Carte famille nombreuse

. Sur ce sujet, "nous avons commis une erreur" et "je l'ai corrigée immédiatement", a-t-il indiqué.

Immigration

. Interrogé sur le mouvement des travailleurs sans-papiers, le chef de l'Etat a fustigé "l'hypocrisie" observée depuis le début de cette crise. Il a écarté toute "régularisation globale" qui conduirait "à la catastrophe", créant "un appel d'air qui profiterait aux trafiquants". "On ne devient pas Français parce qu'on travaille dans la cuisine d'un restaurant, aussi sympathique soit-il", a-t-il estimé en suggérant aux patrons de recruter des immigrés en situation régulière, dont "22 %" sont au chômage. Selon lui, "on a besoin d'étrangers, on a besoin de quotas pour une immigration économique plutôt que familiale".

Vote des étrangers en situation régulière aux élections locales.

"Je suis pour, à titre intellectuel, mais je sais que je n'aurais pas la majorité pour le faire passer", a expliqué le président, dans un étonnant aveu d'impuissance.

Education

. Sur fond de grèves et de manifestations contre les suppressions de poste dans l'enseignement, Nicolas Sarkozy s'est voulu ferme :"Je ne demanderai pas à Xavier Darcos de créer emplois d'enseignants alors que le nombre d'élèves va diminuer", a indiqué le chef de l'Etat, préconisant comme son ministre "la qualité" plutôt que "la quantité".

Retraites

. C'est "lumineux", selon le chef de l'Etat :"La loi de 2003 dit 'à l'horizon de 2012 il faudra cotiser 41 ans, sauf s'il y a un fait nouveau'", or il n'y en pas, a-t-il estimé. Les syndicats sont contre le passage à 41 ans, "mais c'est mon travail de chef de l'Etat de prendre les décisions que personne d'autre ne veut prendre", a-t-il commenté.

OGM

. "Je suis favorable à la recherche sur les OGM dont on a besoin, mais s'agissant de la culture OGM en plein champ, mon devoir est de prendre des précautions, c'est la raison pour laquelle j'ai obtenu la clause de sauvegarde sur l'OGM Monsanto", a indiqué le président. "Le texte (de loi sur la culture des OGM) présenté par le premier ministre est équilibré. Je ne trahirai ni l'esprit ni la lettre du Grenelle", a-t-il promis, alors que les organisations écologiques estiment que le projet de loi sur les OGM est en retrait par rapport aux conclusions du Grenelle de l'environnement.

QUESTIONS INTERNATIONALES

Chine

. "J'ai été choqué par ce qui s'est passé au Tibet, et je l'ai dit au président chinois", a déclaré le président. "Contrairement à ce qu'on dit, ce n'est pas une affaire de contrats, mais la Chine a un droit de veto au Conseil de sécurité", a-t-il dit pour expliquer la difficulté d'agir dans ce dossier. Mais "la France essaie de renouer les conditions du dialogue entre le dalaï-lama et la Chine", "de trouver une solution, avec le moins de blessure dans l'amour propre" , et il espère que "l'Europe se manifeste d'une seule et même voix."

Entrée de la Turquie dans l'Union européenne.

"J'ai toujours été opposé à l'entrée de la Turquie en Europe", a rappelé Nicolas Sarkozy. S'il n'est pas favorable à l'automaticité d'un référendum pour toute nouvelle adhésion, il a précisé que concernant la Turquie, lui-même consulterait les Français par référendum, car ce n'est "pas la même chose de faire entrer la Croatie, qui a 3 millions d'habitants, et la Turquie, qui en compte 100 millions."

Afghanistan. Le chef de l'Etat a dit refuser de discuter avec les talibans"moyenâgeux", car "nous n'aurions pas grand chose à nous dire". Il a justifié l'envoi de renforts parce qu'

"à côté de l'Afghanistan, il y a le Pakistan qui a la bombe atomique et si on laisse tomber l'Afghanistan, le Pakistan tombera comme un chateau de cartes".

Proche-Orient

. Nicolas Sarkozy a estimé qu'"en tant que chef de l'Etat", il ne doit parler ni au mouvement islamiste palestinien Hamas ni au président iranien Mahmoud Ahmadinejad, car ils entendent "rayer Israël de la carte".

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11 avril 2008

Procès - Royal doit verser leurs salaires à 2 ex-collaboratrices

royalsource: lci

La Cour d'appel de Rennes a donné raison jeudi à deux ex-attachées parlementaires de Ségolène Royal, qui réclamaient depuis 1997 le versement de plusieurs mois de salaires non payés, a-t-on appris de source judiciaire. "Je suis entièrement satisfaite de la décision de justice qui a reconnu qu'il y avait licenciement abusif. Je voulais juste récupérer mes bulletins de salaires et la somme correspondante", a indiqué l'une des ex-assistantes, Evelyne Pathouot. Ce n'est absolument "pas une vengeance envers Mme Royal", selon elle.

Les faits remontent à 1997 lorsque, après la dissolution de l'Assemblée nationale, Ségolène Royal avait licencié, comme tous ses collègues députés, ses collaboratrices, attachées parlementaires. Les deux femmes l'avaient ensuite attaquée devant le conseil des prud'hommes de Niort, affirmant avoir continué à travailler pour elle pendant la campagne puis jusqu'en juillet, après son entrée dans le gouvernement Jospin.

Le conseil des prud'hommes avait accédé à leur demande, mais uniquement sur une période d'environ trois semaines, le temps de la campagne électorale. Insatisfaites, elles avaient alors saisi la Cour d'appel de Poitiers qui, en février 2005, avait confirmé cette décision. L'arrêt avait ensuite été cassé en janvier 2007 par la chambre sociale de la Cour de cassation parce que la Cour d'appel n'avait pas pris en compte de nouvelles pièces versées par les deux plaignantes. L'affaire avait alors été renvoyée devant la Cour d'appel de Rennes.

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22 mars 2008

Halte à la calomnie !

source: le monde

Désormais l'affaire du faux SMS est close; mon mari vient de retirer sa plainte contre Le Nouvel Observateur après réception de la lettre d'excuses qu'Airy Routier m'a adressée. Qu'on me permette néanmoins quelques observations.

Le texte de la charte signée en avril 2004 entre Claude Perdriel, PDG du Nouvel Observateur, et les représentants de la Société des rédacteurs prévoit que "l'objectif des articles est de présenter les faits aux lecteurs avec la plus grande rigueur et la plus grande honnêteté. Toute information doit être recoupée et vérifiée. La rumeur doit être bannie, la citation anonyme évitée et la source indiquée aussi précisément que possible", et il ajoute : "L'usage du conditionnel de précaution est proscrit sauf exception visée par la direction de la rédaction. Ne sont publiées que des informations dont l'origine est connue. La vie privée des personnes est respectée."
Or tous ces principes ont été bafoués par Airy Routier, pourtant signataire de cette charte, dans l'article qu'il a commis sur le site du Nouvel Obs à propos du SMS présumé que le président aurait adressé à son ex-épouse juste avant notre propre mariage. Voici ce qu'écrivait Airy Routier : "Huit jours avant son mariage, le président de la République a adressé un SMS à son ex-épouse, en forme d'ultimatum : Si tu reviens, lui a-t-il écrit, j'annule tout. Il n'a pas eu de réponse." Qu'on ne s'y trompe pas : l'enjeu, dans cette affaire, n'est pas le respect de la vie privée. Je peux concevoir, puisque l'époque le réclame, que, comme dit Airy Routier, "la vie privée d'un président, élu par les Français, qui a tous les pouvoirs, notamment celui du feu nucléaire, ne relève pas du même ordre que celle d'un quidam". Pourquoi pas ? Le débat est ouvert et le problème n'est pas là.

Le problème n'est pas non plus l'existence elle-même du SMS en question, car si le SMS avait existé, si la rumeur avait été avérée, c'eût été par hasard, au terme d'une vague indiscrétion, d'un "quelqu'un m'a dit", et non d'une investigation rigoureuse… Voilà bien le problème : quand on est indiscret, il faut être sûr de ce qu'on raconte. Ce qui est malhonnête et inquiétant dans cet épisode, c'est qu'à aucun moment l'"information" n'a été vérifiée, recoupée, validée. De son propre aveu, Airy Routier n'avait pas vu (et pour cause !) le SMS, qu'il a pourtant présenté comme un fait.

LES RAGOTS ET LES FAITS

Je n'ai aucune leçon de déontologie à donner à qui que ce soit, mais il me semble que quand un "journaliste", aux dépens de l'honnêteté qu'il doit à ses lecteurs, sanctifie la rumeur et prend ses désirs pour des réalités, il ne doit pas invoquer des "sources en béton". En vérité, Airy Routier n'imaginait pas que mon mari porterait plainte contre le site du magazine et, devançant l'impunité, il s'est senti libre d'écrire ce qui lui passait par la tête ou par l'oreille.

carla2"De toute façon, dit Routier, la violence et l'énormité de la réaction du pouvoir montrent bien que Nicolas Sarkozy a cherché un prétexte pour, à travers Le Nouvel Observateur, intimider tous les journalistes." Mensonge, sottise et mauvaise foi : en attaquant le site du Nouvel Observateur pour "faux et usage de faux", mon mari ne s'en prend pas à la liberté de la presse (qu'il a toujours ardemment défendue : qu'on se souvienne, pour cela, de l'affaire des caricatures du Prophète dans Charlie Hebdo), mais au droit de dire et d'écrire n'importe quoi. De ce point de vue, loin de se conduire en despote, c'est la liberté de chacun qu'il protège.

Car si, désormais, la rumeur sert d'information, si les fantasmes servent de scoops, où allons-nous ? Si les grands journaux cessent de faire le tri entre les ragots et les faits, qui le fera ? Si, tel le pire des magazines trash, Le Nouvel Observateur, trahissant sa charte, sa vocation et même son nom, n'observe plus mais invente ce qu'il raconte, quel rempart nous reste-t-il contre l'hystérie de l'époque ? Est-ce l'avenir des contre-pouvoirs que de cracher en l'air avant d'être rappelés à l'exigence élémentaire de probité ? La liberté exige d'avoir le sens des responsabilités, tout comme la transparence exige l'honnêteté, sans quoi, comme le dit Gad Elmaleh (dans La vérité si je mens) : "C'est la porte ouverte à toutes les fenêtres" ! Relisez Beaumarchais : "La calomnie, Monsieur ? Vous ne savez guère ce que vous dédaignez; j'ai vu les plus honnêtes gens près d'en être accablés… elle s'élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient, grâce au Ciel, un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription. Qui diable y résisterait ?"  Réponse : les journalistes. Les vrais.

Posté par pyth à 17:37 - Carla Sarkozy - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

La semaine où Nicolas Sarkozy a voulu redevenir président de la République

Source: Le monde

sarFaire président", l'expression est de lui. Au soir de la défaite de l'UMP au second tour des municipales, le 16 mars, il a pris connaissance d'un sondage CSA selon lequel 58 % des Français estiment qu'il doit "s'efforcer d'adopter un style plus présidentiel". Récit d'une semaine où Nicolas Sarkozy a essayé d'atteindre cet objectif.

Hommage aux Invalides, réorganisation à l'Elysée. Lazare Ponticelli, le "dernier poilu", ne voulait pas de cet hommage solennel dans la cour des Invalides, traversé par le vent glacial d'un début de printemps pourri. Mais M. Sarkozy a compris que s'offrait là l'occasion de devenir le père de la nation que les Français voudraient le voir incarner. Manteau bleu marine, seul face au cercueil enveloppé d'un drapeau tricolore de ce héros qui ne voulait pas l'être, le président rejoue les dramaturgies fondatrices de la Ve République. Dans son discours, il lance : "On ne construit pas l'avenir en oubliant son passé mais en l'assumant et en le surmontant."

Retour aux origines. A l'Elysée, une autre pièce se joue, un classique des lendemains de défaite. Quelqu'un doit payer pour les erreurs des dix premiers mois du quinquennat. David Martinon, porte-parole limogé, fait ses cartons. L'organigramme de la présidence est modifié. Un pôle politique se monte, confié à l'ex-journaliste Catherine Pégard. Pierre Charon, un des plus anciens conseillers de M. Sarkozy, écarté par Cécilia après la victoire du 6 mai 2007, est convié désormais à la réunion de cabinet du matin. Pour lui, un retour en grâce, pour le chef de l'Etat, un retour aux origines du sarkozysme.

"C'est quand même mieux que l'autre." A nouveau le vent. Et la neige ! Et le brouillard ! Ce 18 mars, sur le plateau des Glières (Haute-Savoie) où sont morts 105 maquisards en mars 1944, le chef de l'Etat manque de glisser dans ses chaussures de ville. Solennel et solitaire, il se dirige vers le mémorial. François Mitterrand n'aurait pas fait mieux.

"C'est sa roche de Solutré", avait confié Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée. Originellement, une garde rapprochée composée de Brice Hortefeux, Nicolas Bazire et Pierre Charon aurait dû être de cette cordée haut-savoyarde. "Trop clanique", a jugé M. Sarkozy qui ne souhaite pas aller trop loin dans la comparaison. "Honnêtement, c'est mieux que l'autre...", lâche-t-il dans une allusion un rien perfide à son prédécesseur.

"Calme et sang-froid". Il a fallu rajouter des chaises, ce mercredi 19, pour ce conseil des ministres post-défaite. Ils sont désormais 39, y compris le président, autour de la table du salon Murat. Sur les six nouveaux ministres nommés la veille, trois hyper sarkozystes font leur entrée : Nadine Morano (cuvée 2002) Yves Jégo (cuvée 1999) et Alain Joyandet (cuvée 1995).

Mme Morano porte au creux du bras trois dossiers marqués "famille". Désormais, elle a deux portables : le signe de son importance. "Plus les obstacles se multiplient, plus il faut de calme et de sang- froid", a expliqué le chef de l'Etat. On croirait du Chirac. Les anciens ministres respirent : ils ont retrouvé un président.

Prendre de la hauteur, c'est le pardon des offenses. Dans une tribune publiée par Le Monde, Carla Sarkozy annonce que son mari a décidé de retirer sa plainte contre le journaliste du Nouvel Observateur, Airy Routier, qui a dévoilé un supposé SMS du chef de l'Etat à son ex-épouse, Cécilia.

Règlements de comptes à Nanterre. Il se voudrait dans l'éther du pouvoir, et voilà que l'infiniment petit de la politique le rattrape. Au conseil général des Hauts-de-Seine, ce jeudi, l'ancien fief du chef de l'Etat, Patrick Devedjian et Isabelle Balkany, sa rivale, s'étrillent. Dimanche, déjà, M. Sarkozy les a réunis dans son bureau pour qu'ils fassent la paix. Peine perdue. Les héritiers se déchirent. Mme Balkany traite M. Devedjian de "Mao Tsé-toung" et menace de siéger avec les non- inscrits. Pas question de "polluer" l'opération "présidentialisation" par des noms d'oiseau. Un coup de téléphone discret mais ferme de Claude Guéant, et tout rentre dans le rang. Un jeune conseiller général fait son entrée : Jean Sarkozy, 21 ans. De temps en temps, il jette un regard sur le portrait de son père.

A Cherbourg, en chef des armées. Pour finir sa semaine en beauté, M. Sarkozy se rend à Cherbourg où il prononce, vendredi, son premier discours sur la défense. Lors d'une présentation du Terrible, dernier-né des sous-marins nucléaires français, il dit son attachement à la dissuasion, "assurance-vie de la nation". Il tonne : "Tous ceux qui menaceraient de s'en prendre à nos intérêts vitaux s'exposeraient à une riposte nucléaire sévère, entraînant des dommages inacceptables pour eux, hors de proportions de leurs objectifs." Cette fois, c'est du de Gaulle.

Posté par pyth à 17:11 - présidence - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Nicolas Sarkozy au gouvernement : "ni ralentissement des réformes, ni plan de rigueur"

source: AFP et AP

Nicolas Sarkozy a fixé mercredi 19 mars, pendant le conseil des ministres, la feuille de route du gouvernement remanié, après la défaite de la droite aux municipales."Au plan national, ces élections ont exprimé une attente, une impatience, une interrogation aussi sur la possibilité que les engagements de la campagne présidentielle puissent être tenus dans une conjoncture que chacun perçoit comme plus difficile", a déclaré le chef de l'Etat devant les 38 membres du gouvernement, dont les six nouveaux secrétaires d'Etat nommés mardi soir. "La plus mauvaise réponse serait de ralentir le changement (...). Depuis 1958, aucun gouvernement n'a autant agi, autant réformé. Il faut continuer. C'est la seule façon de tenir nos engagements, c'est la seule façon de répondre aux difficultés du moment. Dans la tempête économique mondiale, il faut fermement tenir le cap", a-t-il poursuivi dans une allocution rendue publique par l'Elysée.

Plus les événements se précipitent, plus les choses deviennent compliquées, plus les obstacles se multiplient, plus il faut de calme, de sang froid, de détermination", a-t-il insisté, promettant qu'"il n'y aura ni ralentissement des réformes, ni plan de rigueur" – alors que la gauche estime que le gouvernement sera contraint à cette austérité.

"RENFORCER LA COMPÉTITIVITÉ"

Estimant qu'un travail "immense" reste à accomplir, le chef de l'Etat a fixé quatre priorités : "remettre le travail au cœur des politiques publiques", "renforcer la compétitivité de notre économie", "continuer à gérer avec sérieux les finances du pays" "Notre objectif reste l'équilibre des comptes à l'horizon 2012", a-t-il rappelé –, et "concilier solidarité et responsabilité en matière de retraites, de prise en charge de la dépendance et de santé". Les autres chantiers sont l'éducation (réforme de l'école primaire, du lycée, rénovation des campus universitaires, réforme de la recherche), la sécurité (loi de programmation militaire, loi d'orientation et de programmation de la sécurité intérieure), l'immigration (mise en œuvre de la politique des quotas, suppression de la double compétence juridictionnelle), et "la réforme de notre Constitution".

Après avoir énuméré les réformes déjà appliquées, dont le paquet fiscal, qui selon lui, n'a pas "diminué les marges de manœuvre" du gouvernement, mais les a au contraire "accrues", le président a rappelé celles en cours, notamment la réforme du droit du travail, le plan banlieue, la fusion Unedic-ANPE et la réforme de l'Etat. Il a évoqué en outre la prochaine présidence française de l'Union européenne, à partir du 1er juillet, en expliquant que pour "en faire un succès", il fallait "remettre de la politique en Europe". "C'est ce succès qui donnera véritablement un sens au traité simplifié", a-t-il ajouté.

"Nicolas Sarkozy a demandé aux ministres, quel que soit leur champ de compétences, de concourir à la réussite des réformes dans "un esprit de responsabilité partagé". "Etre membre d'un gouvernement, c'est mettre pour un temps de côté ses ambitions personnelles, son bien-être, ses aspirations, pour se consacrer entièrement au service des Français", a-t-il conclu.

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06 mars 2008

INTERVIEW EXCLUSIVE de Nicalas Sarkozy

saINTERVIEW EXCLUSIVE - Le président de la République tiendra compte de «la signification politique» des municipales, mais exclut un remaniement «en profondeur» avant la présidence française de l'UE.

LE FIGARO. Nous sommes à trois jours du premier tour des élections municipales, qu'en attendez-vous ?
Nicolas SARKOZY. Les Français vont choisir ceux qui gèrent leur ville et il est bien qu'ils le fassent en pensant d'abord à cette mission. Mais je sais que ce scrutin aura aussi une signification politique que j'entendrai et dont je tiendrai compte. À ce titre, je souhaite que ceux qui veulent que le changement continue, se mobilisent et fassent le choix du candidat qui porte cette stratégie du changement. Je suis élu pour cinq ans. Chaque année, il y aura des élections. Mon devoir est d'envisager les choses dans la durée, avec du recul, du sang-froid. Je n'ai pas l'intention de rythmer mon quinquennat en fonction des scrutins locaux, régionaux ou européens qui nous attendent. J'ai un cap, je tiendrai ce cap.

Le cap, c'est réhabiliter le travail pour donner à chacun la chance de vivre de son activité, assurer l'autorité de l'État pour protéger les plus faibles, bâtir une justice qui protège les victimes, reconstruire des universités fortes qui soient les meilleures au monde, revenir à une école primaire où l'on enseigne à lire, écrire et compter pour mettre un terme à l'échec scolaire. Ma mission est de faire en sorte que toutes les réformes qui n'ont pas été engagées en France depuis tant d'années soient conduites à leur terme ; mon rendez-vous est clair : c'est la fin du quinquennat, et les résultats concrets que les Français en attendent à juste titre. En tout état de cause, pour moi, comme pour tous les Français, le changement est une ardente obligation.

Entendez-vous réformer au même rythme, quel que soit le résultat des élections ?
Je dis à tous ceux qui m'ont fait confiance que je mènerai cette politique du changement avec la même force, la même envie, le même volontarisme tout au long des quatre prochaines années.

Allez-vous poursuivre l'ouverture ?
Le devoir d'un président de la République est de rassembler, de refuser toute forme de sectarisme. La France a grand besoin de tolérance. J'ai souhaité associer tous les talents à notre action au service de la France. Nous avons clairement gagné les élections présidentielle et législatives. J'ai cependant voulu travailler aussi avec ceux qui n'avaient pas voté pour moi. Je ne le regrette pas. Je dois rassembler.

Ne croyez-vous pas que vos électeurs désirent aussi une ouverture à droite et pas seulement à gauche ?
L'ouverture est d'abord un état d'esprit. Cependant, quand nous proposons des quotas pour l'immigration avec une obligation de résultats quant aux reconduites à la frontière, n'est-ce pas une politique voulue par les Français ? La rétention de sûreté, cette nouveauté dans l'univers juridique français, ou la condamnation des multirécidivistes à des peines planchers il y a déjà près de 4 000 décisions rendues ne sont-elles pas des politiques qui rompent avec tant d'années de laxisme ? Quand nous nous réconcilions avec les Américains, n'est-ce pas un changement bienvenu et peut-on penser une minute que le contrat qu'a gagné magnifiquement EADS pour les avions ravitailleurs aurait été signé dans le climat de tension qu'on a connu entre les Américains et les Français ? Quand la France porte l'idée du traité simplifié et contribue à sortir l'Europe de la crise, n'est-ce pas une politique qui satisfait les plus européens et donc le centre ? Nous faisons après l'élection ce que nous avions promis avant. C'est une question de respect, de crédibilité et même de morale.

Comment expliquez-vous votre baisse dans les sondages ?
Pendant six ans, j'ai connu des sondages à leur zénith. Et mes adversaires expliquaient que cela ne signifiait rien. Aujourd'hui, après deux mois de baisse, les mêmes expliquent que la situation est très grave. Bien sûr, les bons sondages facilitent les réformes, et les mauvais les compliquent, mais cela ne change pas mon cap. Je travaille à la modernisation de la France sans me laisser distraire par les péripéties, même si je me dois d'être attentif à tout, y compris à l'humeur du moment.

Que répondez-vous à ceux qui attribuent votre baisse dans les sondages à votre nouveau style ?
On porte toujours sa propre part de responsabilité. J'aime l'engagement, j'aime prendre mes responsabilités, je suis quelqu'un qui ne triche pas, alors cela peut surprendre, voire déranger parfois. Pour autant, le rôle du chef de l'État, c'est de garder une certaine distance par rapport au quotidien. Il n'a pas le droit de céder à l'agitation.

Avez-vous commis des erreurs qui expliqueraient cette baisse dans les sondages ?
Qui serais-je si je ne reconnaissais pas mes erreurs ? On en commet, j'en ai commis. Je ne m'exonère de rien, mais je ne crois pas utile de commenter en permanence l'écume des choses ! Ce qui intéresse les Français est de savoir si le pouvoir d'achat va augmenter, si la sécurité va s'améliorer, si le chômage va baisser. Ce qui compte, c'est que, désormais, un demi-million d'entreprises proposent à leurs salariés des heures supplémentaires défiscalisées. Nous étions un pays dans lequel on décourageait les gens de travailler. Nous sommes devenus un pays dans lequel on est de nouveau récompensé lorsqu'on travaille davantage.

Je veux développer massivement l'intéressement et la participation pour que plus de salariés soient associés au partage des bénéfices. J'avais promis aux Français que ceux qui ont tiré sur la police à Villiers-le-Bel seraient arrêtés, ils le sont. J'avais promis aux Français que les multirécidivistes seraient plus fortement condamnés, ils le sont. J'irai jusqu'au bout. Je veux que les criminels dangereux qui ont été condamnés avant l'adoption de la loi créant la rétention de sûreté, ne puissent pas être rendus à la liberté s'ils sont toujours dangereux.

Vous avez saisi le président de la Cour de cassation après la décision du Conseil constitutionnel sur cette loi. Que répondez-vous à ceux qui vous reprochent de vouloir contourner les Sages ?
Le Conseil constitutionnel dit ce qui est conforme à la Constitution ou pas. Il a validé la mesure de rétention, c'est capital. Mon devoir est de veiller à ce que des femmes, des petites filles, des petits garçons ne tombent pas dans les mains d'un violeur ou d'un pédophile qui a déjà été condamné et qu'on va libérer. C'est mon devoir de président de la République de protéger les plus vulnérables. Le principe de précaution ne s'applique pas seulement à l'environnement. Par ailleurs, qu'il me soit permis de poser la question : pourquoi serait-il impossible de faire en France ce que font les autres pays européens ? Cela fait trop longtemps que l'on oublie les victimes. J'avais promis de les mettre au cœur de mon action ; c'est ce que je fais.

La popularité du premier ministre est-elle une cause de tension entre vous ?
Non. Je rappelle à ceux qui spéculent sur ce sujet qu'on ne change pas un premier ministre en fonction des sondages. Le président de la République doit choisir le meilleur pour mettre en œuvre sa politique. C'est le choix que j'ai fait avec François Fillon.

Y aura-t-il un remaniement après les municipales ?
Je voudrais mettre un terme à cette maladie française qui consiste à changer de ministres tous les six mois. Cela donne le tournis et une grande impression de légèreté. Alors que les Anglais ont gardé Gordon Brown dix ans au ministère des Finances, nous avons connu huit ministres à Bercy pendant la même période ! Durant mon quinquennat, il y aura d'autres rendez-vous et d'autres occasions pour marquer un changement politique. Le lendemain de la présidence française de l'Union européenne sera certainement un rendez-vous important. J'ajoute qu'il me paraît peu indiqué de renouveler en profondeur le gouvernement avant la présidence française de l'Union. Les ministres doivent avoir la pleine maîtrise de leurs dossiers.

Vos conseillers et le premier d'entre eux, Claude Guéant, vont-ils continuer à s'exprimer publiquement ?
Qu'il y ait eu quelques erreurs, c'est certain. Je note qu'elles n'ont pas été commises par Claude Guéant. Il a toute ma confiance et mon amitié.

Êtes-vous satisfait de l'UMP ? Voulez-vous lui insuffler un nouveau dynamisme ?
L'UMP est devenue la première formation politique de France. Elle doit s'adapter à un nouveau contexte, ce n'est pas facile. Je souhaite qu'elle reste une force de débat, qu'elle promeuve de nouveaux talents. Après Rama Yade ou Rachida Dati, une nouvelle génération doit émerger. J'ai besoin du dévouement et de l'amitié de ces centaines de milliers de militants qui ont tout fait pour que la pensée unique ne triomphe pas et que le changement qu'ils ont voulu soit mis en œuvre.

Les parlementaires UMP se plaignent de ne pas être suffisamment consultés…
Il faut que nous les associions davantage. Ils sont un soutien indispensable pour mettre en œuvre la politique voulue par les Français. Ils sont la force du changement.

Le rapport Attali a contrarié les élus, comptez-vous le mettre en œuvre intégralement ?
Je sais qu'il a pu choquer certains, qu'il y a eu des maladresses de communication. Mais je compte retenir nombre de ses suggestions. Concernant les taxis, nous devons créer, notamment à Paris, des licences nouvelles afin que nous ne soyons pas la seule capitale au monde où l'on ne puisse trouver facilement un taxi. Cela dit, il est hors de question de spolier ceux qui sont en activité.

Avez-vous l'intention d'aménager la loi de 1905 sur la séparation de l'Église et de l'État ?
Non. Il peut y avoir telle ou telle modification technique sur le statut fiscal de telle ou telle association. J'ai dit ce que j'avais à dire sur le sujet : je suis de ceux qui pensent que la question spirituelle est essentielle, mais je dois veiller à ne ranimer aucune nouvelle guerre dont la France n'a vraiment pas besoin.

Votre projet sur la Shoah est-il abandonné ?
Non. Xavier Darcos a mis en place une commission qui rendra ses conclusions dans deux mois. Ma conviction, au moment où les survivants vont disparaître, est que l'antisémitisme et le racisme ont été sous-estimés en France pendant longtemps et qu'il est très important de transmettre cette mémoire.

Êtes-vous satisfait de la réforme de la carte judiciaire ?
Depuis cinquante ans, rien n'avait été décidé. Rachida Dati l'a fait. La justice de proximité, ce n'est pas un tribunal à quelques kilomètres de chez soi. C'est obtenir rapidement une décision de la justice, étayée par des motifs clairs et compréhensibles par tous. Je considère que le Garde des Sceaux est l'un des ministres les plus courageux. Elle a conduit la réforme de la carte judiciaire là où nombre de ses prédécesseurs avaient renoncé. Elle a mis en place les peines planchers quand tous les spécialistes disaient que c'était impossible.

Quand la réforme des institutions va-t-elle voir le jour ?
Le Parlement sera saisi après les municipales. Cette réforme renforcera le rôle et les prérogatives du Parlement. Cela passe notamment par une meilleure maîtrise de son ordre du jour. Le pouvoir de nomination du président de la République sera encadré afin qu'il n'y ait aucune nomination de connivence ou de complaisance. Les nominations devront être précédées d'auditions garantissant le choix des meilleurs. Je veux aussi que le Parlement puisse se prononcer sur l'engagement des troupes françaises à l'extérieur ou sur la politique étrangère de la France. Je souhaite, enfin, proposer une réforme du Conseil économique et social pour qu'il s'ouvre aux ONG et aux associations de jeunes qui, de façon incompréhensible, en sont aujourd'hui totalement absentes.

Souhaitez-vous toujours que le président puisse s'exprimer devant le Parlement ?
Il me paraît curieux que le Parlement français puisse inviter tous les chefs d'État à s'exprimer devant lui, sauf le président de la République française. Et que ce dernier puisse s'exprimer devant tous les Parlements, sauf le sien.

Votre fils, Jean Sarkozy, est candidat aux cantonales à Neuilly. Ne craignez-vous pas les accusations de népotisme ?
Le népotisme, c'est la nomination, pas l'élection. Mon fils souhaite simplement pouvoir tenter sa chance comme les autres. Je respecte sa liberté, je trouve qu'il mène sa campagne avec beaucoup de courage. C'est un jeune homme qui ne plie pas dans la tempête. Il a du tempérament. Si son bonheur est de faire de la politique j'en suis heureux. Je suis fier de lui.

Peut-on être président de la République et être heureux ?
Il se trouve que je le suis.

Pendant la campagne, vous aviez dit qu'être président de la République, c'était renoncer au bonheur…
Eh bien, il a dû se passer quelque chose de nouveau…

La stratégie qui consiste à augmenter sans fin le smic n'est pas la bonne. Le smic n'est perçu que par 17 % des salariés. Si vous augmentez le smic, vous laissez de côté 83 % des salariés.» Crédits photo : Le Figaro

Le chef de l'État veut encourager les hausses de salaires mais admet que celles-ci «ne se décrètent pas».

LE FIGARO. Le climat économique international s'est beaucoup détérioré depuis votre élection. Cela vous amène-t-il à changer de stratégie ?
Nicolas SARKOZY. Cela rend un peu plus difficile ma tâche mais cela ne la change pas. Je n'ai jamais pensé que les problèmes de l'économie française venaient d'abord de l'extérieur. Ils viennent d'abord de nous-mêmes. Ce n'est pas la faute des subprime s'il faut alléger le carcan des 35 heures. Ce n'est pas la faute des déficits américains si les prélèvements obligatoires et les dépenses publiques sont trop élevés en France. Ce n'est pas la faute de la crise du système bancaire si notre droit du travail dissuade les chefs d'entreprise de recruter. Ce n'est pas la faute des Chinois si notre marché du travail ne fonctionne pas bien. C'est pour cela que nous avons réalisé la fusion ANPE-Unedic pour offrir aux demandeurs d'emploi un guichet unique et mieux les accompagner dans leurs recherches. C'est pour cela que j'ai souhaité et encouragé la négociation entre partenaires sociaux qui a abouti en janvier à un accord historique sur le fonctionnement du marché du travail. C'est pour cela que je souhaite aussi que le refus de deux offres d'emploi acceptables conduise à la réduction des allocations voire à leur suppression. Le contexte international doit même nous encourager à accélérer les réformes. Si demain il y avait 10 % de croissance aux États-Unis, il faudrait malgré tout aménager notre droit du travail et notre fiscalité.

Préparez-vous, comme l'affirme la gauche, un plan de rigueur pour le lendemain des municipales ?
Non. Je ne crois pas aux plans de rigueur. Ils ne mènent à rien. C'est la réforme qui amènera les économies et ce sont les économies et la croissance qui amèneront la réduction des déficits.

Vous avez annoncé que les allégements de charges se feraient sous certaines conditions. Qu'entendez-vous par là ?
Les 35 heures ont nui considérablement aux évolutions salariales dans notre pays. C'est la raison pour laquelle les allégements de charges seront conditionnés à de réelles discussions dans les branches et dans les entreprises. Toutes les entreprises ne peuvent pas accorder des hausses de salaire. Mais quand je vois certains groupes aligner des milliards d'euros de bénéfices, je m'en réjouis mais je me dis qu'il est juste que leurs salariés en reçoivent une partie.

Vous aviez promis d'être le président du pouvoir d'achat. Quelles solutions proposez-vous en 2008 pour répondre aux attentes des Français ?
Les hausses de salaires ne se décrètent pas. La stratégie qui consiste à augmenter sans fin le smic n'est pas la bonne. Le smic n'est perçu que par 17 % des salariés. Si vous augmentez le smic, vous laissez de côté 83 % des salariés. En revanche, je crois en l'intéressement. Un texte de loi proposera en juin des incitations fiscales pour encourager les entreprises à généraliser ce système, notamment celles de moins de 50 salariés. À cela s'ajoutent les heures supplémentaires exonérées de charges et d'impôts sur le revenu. Les salariés de 37 % des entreprises françaises ont vu leur fiche de paie augmenter à ce titre. C'est considérable. Et depuis quelques jours les rachats de RTT sont possibles. De même, les réserves de participation peuvent être libérées. En matière de niveau de vie, jamais aucun gouvernement n'a fait autant. L'élévation du niveau de vie des Français, de tous les Français, est un objectif central de ma politique.

Favoriser la concurrence entre les grandes surfaces, n'est-ce pas une autre piste ?
C'est effectivement le bon choix. Il faut renforcer la concurrence entre les grandes surfaces et il faut renforcer la concurrence dans les négociations entre les producteurs et les distributeurs. J'ajoute que ce faisant, il faudra préserver aussi les agriculteurs et les petits producteurs. Ce qui se passe en matière de prix n'est pas normal, c'est même parfois choquant. Des augmentations de tarifs ont été exagérées et d'autres anticipées. Quand je vois que le prix du jambon a parfois grimpé de 40 % alors que le prix payé aux producteurs de porcs diminue, je dis que quelque chose ne va pas. Il est vrai que l'appréciation de l'euro n'a rien facilité, pas plus que le renchérissement des matières premières, mais ce ne sont pas des raisons suffisantes.

Laurence Parisot a lancé une opération mains propres contre l'UIMM. La soutenez-vous ?
C'est une affaire interne du Medef. De surcroît, il y a une procédure judiciaire qui suit son cours. Cela dit, je comprends la position de Laurence Parisot. Elle souhaite que les chefs d'entreprise donnent une bonne image. La France en a besoin.

Ce ne serait pas plus simple qu'il y ait une seule organisation ?
Vous posez le problème de la représentativité des organisations professionnelles. Les partenaires sociaux sont en train d'en discuter entre eux à la demande du gouvernement. S'ils n'aboutissent pas fin mars à un accord, le gouvernement traitera lui-même la question, naturellement en concertation avec les intéressés. Il est bien évident qu'on ne peut pas laisser inchangés des critères et des règles qui datent de l'après-guerre. Nous changerons cela aussi dans l'an-née 2008.

Seriez-vous hostile par principe à la prise de contrôle de la Société générale par une banque étrangère ?
Je ne suis pas protectionniste. Mais il n'est pas possible que les pouvoirs publics ne soient pas vigilants quand un grand acteur bancaire français est menacé. J'ai lu qu'un ancien ministre des Finances disait qu'il se méfiait de l'ingérence de l'État : il a raison, mais je n'ai toujours pas digéré la disparition de Pechiney. Sans que le ministre des Finances de l'époque ne lève un petit doigt, Pechiney est devenu Alcan. Et Alcan n'existe plus. Je préfère la stratégie volontariste qui nous a permis de sauver Alstom, de créer Suez Gaz de France ou de fusionner Sanofi Aventis.

Maintiendrez-vous cette année le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ?
Oui, nous le ferons. En trente ans, pas un seul gouvernement n'a remis en cause plus de 10 000 postes de fonctionnaires. Nous n'a-vons pas remplacé 22 000 départs ! Si nous avions voulu tenir l'engagement du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, nous aurions dû supprimer 36 000 postes dès 2007. Or je n'ai pris mes fonctions qu'en mai. Cela aurait été trop brutal. Chacun doit comprendre qu'il n'y a pas d'alternative en France à la réduction des dépenses publiques.

Va-t-on passer à 41 ans de cotisation, cette année ?
La loi Fillon votée en 2003 prévoit qu'on passe à 41 ans sauf décision contraire fondée sur des éléments nouveaux. Nous verrons s'il y a des éléments nouveaux. Nous en discuterons avec les partenaires sociaux.

   

Posté par pyth à 01:33 - présidence - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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